A travers la Zambie

Nouveau passage de frontière, cette fois-ci entre la Tanzanie et la Zambie. Pour la première fois notre carnet de vaccination est contrôlé, par une jeune femme au prénom de Happy. C’est essentiellement le vaccin contre la fièvre jeune qui l’intéresse.  Au guichet de l’émigration, où une poule couve ses œufs derrière une armoire, ça ira très vite également. Environ 1 km plus loin nous arrivons à la douane Zambienne. Nous sommes reçus par un jeune homme qui remplit un document et qui nous informe que tout est OK. Nous lui demandons de bien vouloir remplir et cacheter les carnets de douane. Seul le chief peut apposer un cachet sur les carnets de douane mais il n’est pas là. Il va essayer de le contacter, il est vrai que nous sommes samedi. Il nous informe qu’il sera là dans 45 minutes. Nous attendrons une bonne heure et nous en profiterons pour faire une sieste réparatrice bien à l’abri du soleil.

Le chief arrive, un gars plus âgé rondouillard et sympathique. Il s’excuse pour son retard, ça ne nous pose aucun problème maintenant que nous sommes bien en mode Afrique. Il remplira consciencieusement les carnets et nous devrons nous acquitter d’une taxe carbone de 6,00 € par moto. On s’apprête à partir quand nous nous faisons alpaguer par la responsable de l’immigration : « avez-vous fait remplir vos passeports, puis-je les voir ? ». « Vous voulez vous faire arrêter et vous retrouver en prison ?» Houps on a zappé l’émigration, 25,00$ pour le visa par personne un cachet sur le passeport et c’est réglé.

Nous nous arrêtons une quinzaine de kilomètres après la frontière dans un campsite qui borde la lac chila. Comme nous restons deux jours, nous en profitons pour faire laver notre linge. Ben oui faire notre lessive nous même à la main, c’est vraiment en cas d’urgence, quand nous avons utilisés les quatre faces de nos slips 😉

Fin d’après-midi nous entendons de la musique qui provient du bord du lac à quelques centaines de mètres du camp. Au son des instruments nous constatons qu’il s’agit d’un concert. Après le souper nous décidons de nous rendre sur place. Il s’agit d’un bistro à la mode où des groupes locaux se produisent. Le patron nous réserve un bon accueil et nous met à disposition deux chaises. Nous passerons une bonne soirée sur des rythmes africains à discuter avec deux jeunes de la région, qui sont venus vers nous en voyant sur nos vêtements, notre logo avec le continent Africain.

Jour suivant

Il ne cesse de pleuvoir et il fait froid. Nous nous sommes habitués à la chaleur, maintenant quand le mercure passe sous les 20 degrés nous avons froid. Nous passons une bonne partie de la journée sous notre tente. J’en profite pour rédiger tout ce qui me passe par la tête pendant que François prépare l’itinéraire des prochains jours

Jour suivant

Nous nous préparons pour partir, nous replions les tentes qui sont détrempées. Notre linge n’est évidemment pas sec puisqu’il a plu toute la journée hier et toute la nuit. Nous sommes obligés de l’emballer dans un sac poubelle en plastique. 

Après environ 170 km de route nous atteignons notre destination sous un soleil radieux, les chutes Chishimba. Waouuuu magnifique endroit. Nous commençons par abouter toutes nos sangles et nous les attachons entre deux arbres pour rapidement mettre sécher notre linge.  Nous déplions nos tentes pour les faire sécher également.

Nous passerons une belle fin d’après-midi et une bonne soirée. La nuit sera pluvieuse: des trombes d’eau s’abattent sous un violent orage. Je me réveille en début de nuit, en appuyant la main sur le tapis de sol de la tente, j’ai l’impression d’être sur un matelas à eau. Mon sang ne fait qu’un tour, je jette toutes mes affaires dans mon sac et j’enfile mes vêtements de pluie pensant que le lac déborde et que je vais devoir déplacer ma tente. Je plaque ma frontale sur le front et je m’extrais de la tente, il tombe des cordes. Je crie après François deux fois, rien ne se produit. Je fais le tour des tentes et je constate qu’il y a des torrents d’eau de part et d’autre de celles-ci, et également entre les tentes. Il y a bien un peu d’eau qui passe sous la tente mais ce n’est pas inquiétant. Je me dis qu’on a vraiment de la chance que les tentes soient placées juste entre ces torrents. Seule ma moto se trouve dans une de ces coulées d’eau. Je redoute que la béquille s’enfonce et qu’elle finisse par tomber. Je décide de la déplacer, je la mets en route et je passe entre les deux tentes pour aller la stationner sur une zone plus sécure. Toujours aucune réaction de François, je crois que le train pourrait passer dans sa tente sans qu’il s’en aperçoive. Je refais un tour pour m’assurer que tout est ok et je retourne dans ma tente. Je vous passe les détails pour rentrer dans une tente avec des vêtements de pluie qui ruissellent et des chaussures de marche complètement rincées sans en foutre partout.

Le lendemain matin au réveil, il ne pleut plus cependant tout est trempé. Nous profitons de cette accalmie pour aller voir les trois cascades du site. Elles sont magnifiques, quel spectacle. Au retour nous déjeunons et nous partons faire des courses dans la ville la plus proche à 36 km. Au retour à trois kilomètres avant d’arriver, une nouvelle averse orageuse nous rincera jusqu’au calebar.

Le lendemain matin après une nouvelle nuit sous les hospices de la pluie, au réveil j’ouvre ma tente et je prends une photo du lac depuis l’intérieur de ma tente. Je range mon appareil dans sa housse, je me retourne à nouveau vers le lac, et là je vois une onde d’eau approcher à vive allure vers le bord du lac, en plein dans ma direction. Je me dis bordel c’est quoi cet animal qui arrive, ce ne peut-être un crocodile, le responsable de l’accueil m’a confirmé qu’il n’y en avait pas. Soudain une tête suivie d’un long coup sort rapidement de l’eau, ça se passe à 6 mètres de moi, pendant une fraction de seconde je pense voir un serpent sortir de l’eau. D’un bon je suis hors de la tente; derrière la tête et le long coup un corps sort de l’eau avec quatre pattes et une queue, une loutre. Vingt djieu Pffff qu’elle trouille elle m’a foutu celle-là. Pour ceux qui ont déjà vu Jurassik Park, la tête du gros à lunette assis sur le WC au moment où le dinosaure s’apprête à le bouffer, et bien je devais avoir la même. Petite précision: j’ai la phobie des serpents. Qu’est-ce que je fous en Afrique alors ? Je me soigne, mais ce n’est pas très efficace. Revenons-en à la loutre, en me voyant sortir de la tente tel le marsupilami elle a pris peur et elle est retournée à l’eau. Bien sûr je raconte cet épisode à François qui était à ce moment à la douche, enfin à l’évier pas de douche dans ce camp, ça le fait bien marrer.

200 Km de route plus loin, après 35 km de piste sinueuse et de nombreux changements de rythmes nous arrivons au campside Hot Spring. Mark le patron nous accueille, la soixantaine il est de nationalité anglaise. Il est né au Kenya et a toujours vécu sur le continent Africain. Il est de petite taille, un peu austère. Il nous conseille de placer nos tentes sous un auvent car nous sommes en saison des pluies. Il aura été bien avisé, à peine installé nous subissons un nouvel orage avec des pluies diluviennes.

Le bar et le restaurant sont spacieux, décorés dans un style kitch surchargé. Les murs sont remplis d’un peu toutes sortes, de la famille composée des photos de chaque chien, a des tableaux de la faune locale, en passant par des écriteaux du type : « Les chiens sont les bienvenus les humains sont tolérés » ; « Si vous pouvez lire ce panneau, c’est que vous avez encore besoin d’une bière » ; et de multiples objets issus de la culture Africaine : armes, outils, pirogues, etc. Vous ajoutez à ce bric à brac le patron qui traverse cette pièce avec son peignoir aux couleurs de superman, un savon dans une main, une radio dans l’autre, pour se rendre dans son bain quotidien à la source chaude, et vous avez le tableau au complet.

Le camp est rempli de végétation verdoyante, et comprend cette fameuse source d’eau chaude dans laquelle nous nous délasserons. Fin de journée nous irons prendre l’apéro au bar et nous aurons l’occasion de faire connaissance avec la barmaid. Elle a beaucoup voyagé en Europe et elle envisage d’y retourner. Nous échangerons sur le voyage, les pays visités, les prochains envisagés.

Jour suivant

Une trentaine de km de piste et nous retrouvons une route principale. Comme les jours précédents, tout le long de la route, tantôt cachées dans la végétation, tantôt sises sur un espace partiellement déboisé, se trouvent des habitations. Certaines, plus rares, comportent des fenêtres et des châssis, la majorité ressemble plus à des huttes dont on a remplacé les parois végétales par de la brique. Beaucoup de personnes se trouvent en bordure de route pour vendre quelques tomates, des mangues, des champignons, des sacs de charbon de bois réalisés en abattant les arbres aux alentours, des volailles vivantes, etc. A nouveau la pauvreté est là sous nos yeux. Et pourtant de nombreux pouces levés et des sourires accompagnent notre passage.

Le charroi est essentiellement composé de semi-remorques. La aussi appel de phare, petit coup de klaxon ou bras tendu et pouce levé hors de la cabine sont fréquents. A certains endroits, la route disparait complètement pour laisser la place à un champ de trous de latérite plus grands les uns que les autres. Ajoutez à cela les pluies régulières et vous avez un joyeux bourbier. Il est facile pour nous de trouver une trajectoire soft entre ces trous. En revanche, les camions sont obligés de passer dans certains de ceux-ci. On a l’impression que la cabine va se détacher du camion. La torsion subie par les essieux est impressionnante.

Nous retrouvons une piste étroite pour une trentaine de Km. Celle-ci est essentiellement composée de sable. François s’amuse énormément sur cette piste, quant à moi c’est un peu l’enfer, Il faut garder de la vitesse pour que la moto conserve de la stabilité. Ce qui n’empêche pas des dérives de la roue avant. Je sors deux fois de la piste sans conséquence.

L’endroit est incroyable « Mutinondo » Nous sommes au milieu de la brousse dans un endroit aménagé depuis 1995 par un couple de passionnés. Site privé de 77 hectares si j’ai bonne mémoire. Lodge et campsite, avec de multiples randonnées et points de vue. Le paysage est très vert avec des monts en granites aux formes rondes entourés de forêts, et une cascade. Un espace restaurant ouvert vers la nature et un bar avec une vue surplombant la forêt où nous prendrons l’apéro en admiration devant la vue. Il règne un calme apaisant. Nous décidons de rester deux jours tant nous sommes charmés par l’endroit.

Nous en profitons pour aller faire une randonnée sur le domaine. Nous gravissons un des monts depuis lequel nous avons une vue extraordinaire sur la forêt. Pendant toute cette randonnée je ne peux m’empêcher de penser aux serpents ; forcément quand on voit dans chaque camp un numéro d’urgence pour les snake bite. Si bien qu’à chaque bruit suspect je sursaute. Incroyable dans quel état de stress notre cerveau est capable de nous mettre alors qu’il n’y a pas l’ombre d’un serpent.

Nous aurons la chance de partager notre petit déjeuner avec les propriétaires de ce domaine qui ont créés tout cet espace durant ces dernière 25 années.  Aujourd’hui, ils ont atteint un âge respectable et ils souhaitent remettre leur domaine. Ils sont bien conscients que la belle époque est passée, que ce business était meilleur il y a 5 ou 10 ans. Nous leurs souhaitons de trouver acquéreur et de pouvoir prendre une retraite bien méritée.

Le lendemain matin nous quittons ce paradis, après notre séance quotidienne de tétris, qui est maintenant bien rodée, nous nous rendons à l’accueil pour régler l’addition. Et là je me fais mordre par un des deux chiens. Heureusement mon pantalon de moto m’a bien protégé, ca reste néanmoins bien désagréable. Ce chien à deux fils qui se touchent, il est agressif avec tout le monde sans raison, il m’avait déjà attrapé le pantalon la veille. Comme quoi le danger n’est pas forcément où on l’imagine.

Nous voici sur cette piste pleine de sable. A peine trois à quatre kilomètres parcourus et je perds le contrôle de la moto, l’avant glisse dans tous les sens, l’arrière se met également à glisser et je ne parviens pas à retenir la moto qui se couche dans le sable. Je peste de m’être encore laissé piéger. François est parti devant je suis seul pour relever le bestiau. La moto est couchée sur son flanc gauche. Je lui tourne le dos, je prends le guidon dans ma main droite la poignée arrière dans la main gauche, je plie les jambes en tirant la tête vers l’arrière pour éviter de forcer avec le dos et je pousse de toutes mes forces avec mes cuisses. Mes pieds s’enfoncent et glisse dans le sable, la moto ne bouge pas. Punaise ce n’est pas gagné. Je décide de dégager du sable sous les roues de manière à déjà la redresser un peu. Ce sera plus délicat pour redémarrer mais peu importe. Je fais deux tranchées dans le sable où je poserai mes pieds et j’essaye de damer au max le sable. Je reprends la position et je pousse comme un bœuf sur mes jambes. La moto commence à se lever, bon sang que c’est lourd. J’arrive finalement à la redresser. Je suis dos tourné à la moto surtout ne pas la laisser tomber en déplaçant mes mains pour finalement attraper le guidon. Ok c’est bon, je m’assieds dessus, je remets en marche et je redémarre. 40 mètres plus loin rebelotte, je couche à nouveau la moto. Cette fois elle est perpendiculaire à la piste. Tout est à recommencer. Je commence à la relever avec la même technique, j’y suis presque, mais je suis à bout de souffle et de force, si je la lâche je ne pourrai plus la relever c’est certain. Je donne tout ce qu’il me reste et j’arrive à la redresser. Je sors la béquille pensant pouvoir souffler un peu, comme la moto est en travers de la piste la béquille est à plus de 10 centimètres du sol. Je vais devoir la déplacer en restant à côté. Je démarre le moteur et par des petits jeux de  » j’avance et je recule » en tournant le guidon je parviens à la positionner dans le bon sens. Je remonte dessus. Il me reste environ 25 kilomètres de piste avec du sable et une confiance complètement anéantie. Je n’ai d’autre choix que de continuer. Ca demande un effort mental conséquent que de continuer dans ces conditions. Finalement je m’en sortirais avec trois sorties de piste complémentaires sans conséquences.

Le soir une nouvelle piste avec des bancs de sable, au vu de mon expérience du matin, je me concentre au max pour ne pas me crisper sur le guidon et être réactif sur mes appuis. Ça se passe relativement mieux.

Nous arrivons au mémorial David Livingstone. Là où il est décédé en 1873. Nous pensions rejoindre un endroit touristique. Cependant la piste est tellement impraticable pour les véhicules à quatre roues qu’il n’y a personne. Nous serons seul à planter nos tentes, à part la présence du gardien de nuit. Sans aucune source de pollution lumineuse, nous profiterons d’un ciel étoilé extraordinaire comme il n’est plus possible d’en observer en Belgique.

Le lendemain matin nous visitons le bâtiment qui retrace la vie, les expéditions, et les découvertes de David Livingstone. Nous sommes de bien pâles aventuriers des temps modernes en comparaison à ce que cet homme extraordinaire à accomplis, au détriment de sa santé et de sa vie. David a été profondément marqué par l’esclavagisme réservé aux peuples Africains. Il n’a eu de cesse de contribuer à abolir la déportation d’esclaves. L’année de sa mort, grâce à son engagement, la déportation d’esclaves des zones côtières de l’Afrique et également de l’intérieur des terres à été abolie. Je ne connaissais pas réellement l’histoire de Livingstone, c’est une belle rencontre même si celle-ci est post mortem. Je pense que la mémoire de cet homme doit continuer à être honorée et son histoire racontée au même titre qu’un Nelson Mandela, plus proche de notre époque.

Après-midi nous arrivons dans un campsite. Superbe endroit dans la nature avec cuisine extérieure, une salle de bain privative et une douche extérieure.

Le lendemain matin, en me regardant charger mes valises, François constate que mes bagages ont beaucoup de jeux, après une rapide vérification deux boulons se sont fait la malle, et ce malgré qu’ils aient été monté avec du frein filet. Heureusement cette fois ils se sont dévissés et n’ont pas été cisaillés, il suffira d’en placer des nouveaux. Pour l’instant quelques colliers colson maintiendront le tout en place. Ce sera suffisant pour la journée de route qui nous attend. 

320 km d’une route hallucinante. Cette route est un axe important où circulent énormément de camions. Tous le long de la route nous verrons des camions accidentés, cabine complètement détruite, remorque couchée dans le fossé, camion en panne. Camion presque à l’arrêt grimpant péniblement une côte en crachant toutes ses tripes dans un nuage noir et âcre.

Le charroi est tel que le bitume est marqué par des ornières parfois de 10 cm de profondeur. Le trafic étant intense nous sommes obligés d’envoyer toute la cavalerie pour dépasser. Gaz ouverts en grand et passage de vitesse au shifter. Les déplacements latéraux avec les ornières ne sont pas sans risques, si bien que parfois nous choisissons de dépasser par la piste cyclable qui est certe étroite mais bien plane.

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Comme nous l’avons déjà constaté dans d’autres pays, la chine investit abondamment en Afrique. Des usines flambantes neuves se trouvent le long de la route. Aux cotés desquelles sont bâtis des clos avec des maisons tout confort. Nous apprendrons que la langue chinoise est enseignée dans les écoles en Zambie. Il n’y a aucun doute, la chine fait le forcing pour gagner les marchés Africain.

A proximité de ces usines, se trouve un grand mall (centre commercial) avec cafés, restaurants, supermarché. En entrant dans le supermarché je suis frappé, presque choqué, par l’opulence qui y règne. Rien de plus que ce que nous trouvons en Europe, mais le contraste est encore une fois édifiant. Nous venons de passer plusieurs jours durant lesquels nous avons rencontrés des difficultés pour trouver de la nourriture tant les mini épiceries que nous avons visitées manque de tout.

Nous nous arrêterons pour la nuit à 50 km de la capitale Lusaka, dans une ferme camping. Nous rencontrons Pieter qui est Sud-Africain. Pieter est en voyage avec sa femme. Ils rentrent de vacances, ils reviennent du Malawi. Pieter nous apprend que le cyclone Ana a touché le Malawi, il nous montre des images ou l’eau dévaste tout. Comme nous ne suivons pas l’actualité, nous n’avions pas connaissance de la présence de ce cyclone. Le zimbabwé a également été durement frappé, 80% du pays est sous eau, 50% de la population n’a plus d’électricité. Voilà qui me replonge dans les inondations que nous avons vécus en Belgique l’été dernier. Début de soirée la pluie se rappelle à notre bon souvenir.

Lendemain matin, il a plu toute la nuit et ça continue. Depuis environ deux semaines maintenant, j’ai installé une appli radar météo pour suivre l’évolution des pluies. Les pluies devraient cesser vers 12h00. Comme nous avons prévu de nous arrêter à Lusaka qui est toute proche, nous ferons notre partie de tétris quand la pluie aura cessé.

Vers 13h00 nous partons pour Lusaka, nous reprenons cette fameuse route T4 dans les mêmes conditions que la veille, flux de camions incessant et ornières casse-pipe dans le bitume. Nous atteignons Lusaka. Par rapport à d’autres villes Africaines, la circulation y est relativement fluide, mais pas pour autant sans dangers. Nous nous installons dans un hôtel pour backpacker, un endroit agréable et étonnamment calme en plein centre-ville.

Jour suivant

Nous profitons d’être dans une ville pour faire quelques courses : des vis pour ma bagagerie et pour refixer correctement un déflecteur sur la moto de François ; De la graisse pour les chaines des motos ; une banque pour changer de l’argent, et un matelas de camping pour François. Le sien a rendu l’âme il y a une dizaine de jours et jusqu’à présent nous n’avions trouvé qu’un tapis de fitness pour le remplacer. Nous passons la matinée à circuler dans Lusaka. Nous trouvons un matelas pour François assez encombrant mais qui sera probablement très confortable. J’espère juste ne pas devoir le secouer comme un prunier tous les jours à midi.  Nous nous dirigeons enfin vers le lac Kariba.

Nous arrivons au camping en bordure du lac, nous sommes accueillis par le propriétaire qui nous explique longuement le fonctionnement du camp. Il nous salue et prend congé de nous puis fait demi-tour et revient vers nous : « J’ai oublié de vous dire, n’allez pas vous baigner dans le lac il y a des crocodiles, et la nuit les hippo viennent manger l’herbe dans le camping. Si vous vous levez la nuit et qu’il y a des hippo sur votre chemin, il n’y a qu’une seule chose à faire, vous faite demi-tour et vous allez dans la direction opposée, il n’y a pas besoin de crier, ou de les chasser, ou de leur lancer des objets et tout se passera bien ».  Hum Hum, on ne demande qu’à le croire. Quelque chose me dit que je vais me passer d’aller pisser la nuit en regardant les étoiles.

Vers Livingstone

Sur la route de Livingstone, nous ne trouvons pas de camping. Celui envisagé est fermé, car il a été inondé. Le propriétaire nous propose d’aller installer nos tentes chez son frère dans une ferme à quelques centaines de mètres. Nous serons reçu par d’Alex. Alex s’occupe avec deux de ses frères d’un troupeaux d’environ 40 vaches laitières, d’un troupeau d’une quarantaine de chèvres et de la culture de tabac. Alex est un très chouette garçon de 19 ans qui a la tête sur les épaules et qui sait ce qu’il veut. Il attend ses résultats pour intégrer le service zambien d’aide à la population. Ce qui l’intéresse, c’est de développer l’agriculture. lIl est à la fois curieux et très attentionné à notre égard.

La encore nous essuyons un orage diluvien au soir. Il continuera de pleuvoir sans discontinuer toute la nuit.

Alex venu nous rejoindre pour passer la soirée

Le lendemain matin il, ne cesse de pleuvoir. Je consulte l’appli radar météo, il n’y aura pas d’accalmie avant le lendemain vers 18h00. Nous sommes cloitrés dans nos tentes. Nous décidons de lever le camp pour rejoindre un hôtel à Livingstone. Décamper sous la pluie c’est un bel exercice d’organisation. Ill faut commencer par tout préparer dans la tente, ensuite s’équiper des vêtements de moto et vêtements de pluie, enfiler les bottes de moto et le casque., Sortir de la tente équipé comme un cosmonaute. Ranger tout dans les boxes en essayant de les laisser ouvert le moins longtemps possible. Terminer par le démontage de la tente. Après 160 Km sous la drache nous sommes rincés. Et même si nous avons fait au mieux; il y a de l’humidité plein les boxes. L’hôtel est le bienvenu pour mettre sécher nos vêtements.

Le lendemain matin direction les chutes victorias situées à 10 minutes de route. Le spectacle est à la hauteur de nos attentes

En route pour le Botswana

10 thoughts on “A travers la Zambie”

  1. Eh bien les amis votre aventure n’est pas de tout repos ! Surtout sur le plan météo, mais c’était à prévoir puisque c’est la saison des pluies… Du coup les chutes Victoria devaient être magnifiques ! Sommes aux pieds du mont Elgon à l’Est de l’Ouganda et devons repasser au Kenya ds les prochains jours et ns reverrons Chris… Bonne continuation… Marc et Murielle

  2. Que d’aventures , c’est sympa de partager un peu de votre quotidien et de ce périple… plein de belles rencontres encore, … votre fabrique de souvenirs n’est pas prête de s’arrêter de fonctionner, tant mieux. Bizzzzz

  3. J’adore vous lire ! Cette aventure semble à la hauteur de vos espérances, tant mieux ! Vous êtes de vrais warriors, les gars. On attend la suite … Bisous d’ici !

  4. Un long résumé ( contradiction dans les termes ) mais qui vaut la peine d’être lu. On y trouve de tout. De l’insolite, des galères en tous genres mais aussi de bons moments de détente agrémentés de beaux spectacles visuels. TUKUTUKU Motorbikes, à recommander 😊
    Dommage cette saison des pluies, le genre de « truc » qu’un vrai belge se passerait bien. Allez, l’aventure continue !! Gaffe aux serpents même s’ils ne sont pas là et aux vilains chiens qui mordent. Si vous parvenez à me lire, c’est que vous avez encore besoin d’une bière …LOL !!

  5. Décidément, ca n’est pas une balade tranquille !

    Récit passionnant, merci !

    C’est dommage d’être partis chercher la pluie en Afrique, ici, la météo est magnifique, c’est soleil et canicule….
    Ch’plaisante, ca se saurait 😉

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