Au revoir Kenya

Nous partons vers le lac Amboseli. Après environ deux heures de piste nous arrivons à la porte d’un parc. Nous mettons pieds à terre. Le garde vient vers nous, nous le saluons. Il nous informe immédiatement que les motos ne sont pas autorisées à entrer dans le parc. Nous savons maintenant que ce qui n’est pas autorisé n’est pas forcément interdit. Il nous demande notre destination, François muni de son GPS lui montre le parcours envisagé. Le garde rétorque « non ce n’est pas possible de traverser le parc à moto, j’ai une solution ». Ben tiens on ne l’avait pas vu venir celle-là ! « Le gars là sur sa moto peut vous accompagner jusqu’à la sortie ouest du parc ». Nous tentons de négocier pour y aller seul, c’est peine perdue. Evidemment il faut payer notre tuteur, nous avons bien compris que nous ne pourrons pas passer sans être accompagné. « Combien ?» demande François. C’est parti pour une négociation qui commence à 3000 shillings Kenyan. Nous ne parviendrons pas à passer sous la barre des 2000 shillings. Nous finissons par céder nous n’avons pas le choix.

Nous voici dans le parc avec notre poisson pilote qui se met immédiatement à rouler aussi vite que possible. Le remake d’il y a deux jours, excepté qu’il ne fait pas nuit. Nous traversons le parc tambours battants quand soudain je vois quelque chose se détacher de la moto de François devant moi. Merde, c’est un de ses jerricans d’essence, je saute sur les freins. J’immobilise la moto quelques mètres après le jerrican. Je me précipite pour le ramasser. Et maintenant j’en fais quoi, pas le temps de l’attacher ? Je décide de le mettre dans ma veste, équipé de mes gants et du casque et passablement énervé, je ne parviens pas à ouvrir ma veste. A cet instant une image me traverse l’esprit, je risque de me faire bouffer par un lion ou je ne sais quoi d’autre pour sauver un jerricane d’un litre d’essence. D’un coup je trouve la tirette, je glisse le bidon dans la veste et je repars en trombe. Heureusement François s’est aperçu que je ne suivais pas et il m’attend à la bifurcation suivante. On part à la poursuite de notre poisson pilote qui ne nous a pas attendu. Imaginez-vous dans un parc rempli d’animaux sauvages, où de multiples pistes se croisent dans tous les sens, à cheval sur nos deux hippos à essayer de suivre un gars qui roule avec une moto de moins de 100 kg sur des pistes qu’il connait par coeur. Nous l’apercevons de temps en temps au loin, on croit rêver.

Soudainement deux impalas traversent la piste juste devant nous dans une course folle. Non on n’a pas les photos, on essayait de suivre notre ouvreur sans s’étaler et c’était déjà suffisamment compliqué. Ça dure comme ça pendant environ 30 Km. Finalement nous arrivons en dehors du parc sains et saufs. Le gars a le culot de me demander si j’ai un problème avec la moto parce qu’elle n’avance pas. Oui j’ai un problème, avec moi dessus on passe allègrement les 300 Kg, je ne peux pas faire courir un hippopotame comme une Gazelle.

Après coup, nous nous disons que finalement nous sommes passé sans devoir payer l’entrée du parc qui aurait été bien plus onéreuse. Et puis aventure nous voulions, aventure nous avons.

Nous arrivons dans un camp pour passer la nuit. Je ne suis pas peu fier d’avoir réussi à conserver intact deux pots de yaourt de 250 grammes malgré les chocs subis sur les pistes. Voilà qu’arrive une famille de Babouins, par sécurité, je place les yaourts dans une de mes sur-valises. Attendri par le spectacle des femelles avec leur petit accroché à leur ventre, je m’accoude sur ma valise pendant que François mitraille avec son appareil photo, j’entends craaaak, punaise je viens d’écrabouiller les yaourts ! Voilà les babouins vengés de nos accusations d’il y a quelques jours

Jour suivant

Ce matin petit bilan mécanique : une jante avant pliée, un support de bidon d’essence arraché, un tableau de bord qui a faillit se détacher de la moto, une valise déformée, tout cela après 2 800 km. Il faut se rendre à l’évidence, si nous voulons rallier CapeTown, il va falloir épargner nos motos et réduire le rythme sur les pistes. Même si c’est grisant de rouler plus vite, nous adaptons notre conduite.

Nous nous rendons dans l’école primaire de Kimana, où a été installé une pompe par water for all. Nous trouvons bien l’école mais pas de trace de la pompe. L’école étant fermée, ce sont les congés de fin d’année, il ne nous est pas possible d’obtenir plus d’informations. Nous sommes déçus, suite au changement du départ à partir du Kenya au lieu de l’Egypte, c’était le seul point water for all qui nous était encore accessible.

Nous rejoignons le lac Jipe au pieds du fameux Kilimandjaro. Nous installons nos tentes dans un superbe camp avec piscine, table et parasol, restaurant. Nous profitons du restaurant ça nous change de notre réchaud à essence. Nous ferons encore quelques belles rencontres. Demain nous quitterons le Kenya pour La Tanzanie.

Ce que nous retiendrons du Kenya

L’accueil chaleureux des Kényans, les innombrables pouces levés et sourires lors de notre passage, l’entraide immédiate lorsque nous étions en difficulté, les splendides paysages. La circulation en ville, il faut le vivre pour s’en rendre compte (voir vidéo ci-dessous).

11 thoughts on “Au revoir Kenya”

  1. C’est toujours avec grand plaisir que nous découvrons et suivons vos aventures! Les photos sont magnifiques et les expériences africaines épiques 😉 Cela me rappelle tant de souvenirs et me replonge au cœur de la vie africaine avec toutes ses surprises . Profitez bien et bonne route en Tanzanie !
    Bises enneigées à vous deux , non pas du sommet du Kilimandjaro mais bien du sommet eblygeois !

  2. Génial vos commentaires …
    Quelle bouffée d’oxygène !
    Je suppose que le mec qui vous a fait traverser le parc était en slick et en tongue…quant aux shillings tout est relatif…

  3. Bonne année aux baroudeurs !

    Que cette année soit riche d’expériences multiples…Il semblerait que cela commence bien 😉
    Que la déconnexion vous conduise à la connexion ! Inévitablement un voyage à entreprendre et à vivre intensément.
    Profitez pleinement de chaque instant.

    Excellentes découvertes à vous 🙂

  4. je ne peux pas faire courir un hippopotame comme une Gazelle : ca, ca me parle 😉

    Superbes photos ! On dirait qu’il y en a même une spécialement pour moi !

  5. Bonjour Bruno et François, tout d’abord meilleurs voeux à vous 2, avec cette belle expérience de vie pour commencer l’année, c’est tout simplement fabuleux. Plaisir de lire les publications, on vit le voyage avec vous ……… sans y être ! Que votre aventure se poursuive sans encombres (ou très peu), continuez à faire de belles rencontres, de partager de belles histoires. Ces moments resteront gravés en vous de plus de mille sourires et d’émotions. Vous en reviendrez plus humainement plus riche. Et comme tu dis si bien Bruno, tout le contraire de nos vies stressantes où il faut toujours aller plus vite …………. pourquoi , pour arriver à quel sens de vie ? Les personnes que vous rencontrez avec le peu de moyens qu’ils ont, partagent et ont toujours le sourire ! ce qu’il manque de plus en plus dans nos contrées. Bonnes routes à vous, à bientôt pour lire vos récits.

  6. 2000 Shillings Kenyan c’est environ 15 euros donc pas dramatique. Le guide aurait pu rouler moins vite et vous attendre, pas sympa !! Un con quoi !! Et au final des machines abîmées. Bon courage pour la suite …

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